
Sol Lewit, Lucinda Childs, Dance (1979)
Sol Lewit, Lucinda Childs, Dance
Créée en 1979, Dance
est la pièce maîtresse d'une époque où le minimalisme trouvait dans
tous les arts un terrain fertile d'investigation. Si la gestuelle
développée par Lucinda Childs emprunte au langage classique la tenue du
dos, l'énergie des jambes, l'arrondi des bras, elle la détourne de sa
syntaxe et, suivant un ordre mathématique supérieur, se concentre sur
l'enchaînement de pas, sauts, déboulés dont la répétition induit de
subtiles variations.
Philip Glass, qui signe la musique, déploie une
œuvre sonore qui rappelle L'Art de la fugue de Bach, et repose
sur une «cristallisation» de la polyphonie la plus rigoureuse. L'artiste
Sol LeWitt signe son premier et seul film, qui sert comme de décor,
projeté sur un écran de toile tendu en avant-scène et inscrit au cœur de
la structure chorégraphique.
Dance joue des paramètres spatiaux-temporels comme d'éléments usuels manipulables à loisir. Superposition et découpage de l'espace, collages temporels par suspension ou étirement, augmentent tout du long l'irrésistible fluidité de la danse. Les artistes jouent sur les échelles et les angles et produisent une interpénétration spectrale des silhouettes et de leurs doubles: un vertige qui transporte le regard au cœur du mouvement et donne à l'espace un volume – à la manière d'un plan où les lignes rêvent et s'agencent, où tout semble glisser, flotter dans un territoire fluide, hors du temps. Un concentré de minimalisme qui s'apparente au mouvement perpétuel.
Cette oeuvre m'a énormément inspirée tant elle melange mes passions, l'art, la danse et la musique. Elle est donc pluridisciplinaire et a révolutionné l'art minimaliste grâce à son avant gardisme pour l'époque .
